Consternation et désolation sont les sentiments les mieux partagés dans le ‘’daara’’ installé dans la mosquée Ndiouga Dieng, au quartier Santhie de Mbour. Cela, suite à l’incendie meurtrier qui s’y produit dans la nuit du samedi au dimanche. En effet, deux talibés ont succombé, brûlés vifs, et 6 autres qui dormaient dans la chambre, sont gravement blessés et internés à l‘hôpital de Grand-Mbour. Les corps sans vie ont été enterrés dans l’après-midi du lundi, au nouveau cimetière de Mbour.

Agés de 13 ans, Cheikh Tidiane Sarr et Djim Sarr sont les deux talibés qui ont perdu la vie suite à l’incendie qui a réveillé les habitants du quartier Santhie de Mbour, dans la nuit du 23 au 24 décembre. Tous deux sont originaires du Saloum, plus précisément à Keur Baka, et accompagnés de 6 autres de leurs condisciples du même ‘’daara’’ qui a élu domicile dans la mosquée de Ndiouga Dieng à Santhie, un quartier périphérique de la commune de Mour.

Le feu s’est déclaré vers 23 heures

En fait, les victimes ont été surprises par le feu, au même titre que la population riveraine, alors qu’elles étaient dans les bras de Morphée. D’où le bilan macabre de 2 talibés morts brûlés vifs, un autre dans un état critique, 5 blessés graves.

« Avant-hier, vers 23 heures, suite aux cris des voisins qui nous ont alertés, nous sommes sortis et avons vu que la chambre des talibés se trouvant en face de chez moi, dans la mosquée, avait pris feu », raconte Adama Thiam Diawara, témoin des faits.
Continuant son récit, M. Diawara raconte : «notre premier réflexe était de sortir les enfants. Nous avons alors défoncé la porte et nous avons pu sortir 2 enfants qui étaient dans un état extrêmement grave. Malheureusement, ce sont ces enfants qui sont décédés, les six autres sont blessés gravement et acheminés à l’hôpital par les sapeurs-pompiers qui sont venus par la suite ».

Le cas d’un brulé s’est aggravé

Selon lui, le ministre de la Bonne gouvernance et de la Protection de l’Enfance, Ndèye Ramatoulaye Gueye Diop, s’est déplacée hier pour venir sur les lieux, apporter son soutien aux victimes. « Elle avait instruit le médecin d’évacuer ceux qui sont gravement brûlés à Dakar, mais ce dernier a confirmé qu’il n’y avait pas de danger et qu’ils peuvent être bien pris en charge ici, à l’hôpital de Grand-Mbour », renseigne-t-il.

« Par contre, tout à l’heure, on nous a informés que l’état d’un talibé commence à s’aggraver et qu’il devient critique. Et nous allons vite prendre les dispositions nécessaires comme l’a voulu le ministre qui suit cette affaire de très près », ajoute-t-il.

En cause : une bougie ou une spirale insecticide

Sur l’origine de cet incendie, deux pistes sont avancées. « Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y avait pas d’électricité. Donc, on suppose qu’ils ont soit allumé une bougie ou une spirale insecticide anti-moustique », explique Diawara, qui précise dans ce sens qu’ « on attend de savoir, puisque la police et le préfet sont venus, une enquête est ouverte et suit son cours. Donc, on attend les résultats de l’enquête ».
Dans cette mosquée, plusieurs ‘’daara’’ sont installés. Mais celui qui a subi les affres du feu est celui du maitre Abdoulaye Sarr, qui s’était absenté des lieux, au moment où le drame est survenu. Il était parti rendre visite à sa famille à Kaolack et avait demandé au maitre du ‘’daara’’ voisin de surveiller ses disciples jusqu’à son retour. De Keur Baka, il d’ailleurs revenu aussitôt informé, accompagné de l’adjoint du maire de ladite commune et des parents des victimes qui sont ses frères.

Le ministre de la Protection de l’Enfance et l’Association des maîtres coraniques sur les lieux

Dans la foulée, l’Association des maîtres coraniques a dépêché une délégation régionale pour soutenir leur collègue victime de ce sinistre tragique. Dans ce cadre, Adama Thiam Diawara, indique : « c’est une situation extrême grave et je pense que l’Etat va prendre des décisions pour que ces enfants puissent être mis dans des conditions d’apprentissage meilleures et permettre aux maîtres coraniques également, de faire leurs enseignements-apprentissages dans de bonnes conditions ».

Du reste, ces derniers ont demandé à discuter avec le ministre qui aurait promis de revenir à Mbour les rencontrer pour qu’« ensemble, on aide l’Etat à trouver la bonne formule pour régler définitivement le problème des ‘’daaras’ », informe Adama Thiam Diawara.

Vox populi

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