Les travailleurs de la Sotiba ne veulent plus de Serigne Mboup
Le Pdg du groupe Ccbm est un obstacle à la relance des activités de l’industrie textile au Sénégal. C’est ce que pense le collectif des travailleurs de la Sotiba qui l’a fait savoir, hier, à travers des pancartes hostiles à Serigne Mboup. Le départ de celui-ci de la direction de la Sotiba et la reprise de l’usine par l’Etat, sous le modèle de la Sonacos, avec nomination d’un directeur général, constituent la principale exigence des travailleurs de cette usine à l’endroit du président de la République. A ce dernier, ils demandent d’ordonner l’arrêt immédiat de la procédure de vente de l’usine de Kahone par une négociation avec la Sonam et le règlement définitif du contentieux. Aussi, d’intercéder pour le règlement du passif social dû aux employés de la Sotiba et de la Sotexka.

A ces doléances, s’ajoutent l’annulation du décret n°2011-1027 du 25 juillet 2011 portant autorisation de cession des actions détenues par l’Etat dans la capital social de la Sotexka à Serigne Mboup et à Domitexka, et l’ouverture d’une enquête sur le « détournement de la subvention de l’Etat » accordée à la société Domitexka de Serigne Mboup ainsi que l’ouverture d’une autre enquête « exhaustive » sur le « bradage du patrimoine foncier » de la Sotiba à Dakar. ils exigent, par ailleurs, le paiement des droits et indemnités à eux dus ainsi qu’aux retraités, par la restitution de la subvention d’un milliard accordée en 2010 par l’Etat du Sénégal à la société Domitexka.

« Au moment ou se tient cette marche pacifique pour exiger la relance des usines Sotiba et Sotexka, l’usine de Sotexka de Kahone (Kaolack) est en vente forcée suivant une décision de justice », alerte le collectif dans une note où il exprime sa vive préoccupation sur la vente foncier de l’usine Sotexka.

Désigné par l’ancien président de la République Me Abdoulaye Wade pour relancer le projet Sotiba-Politexka, avec en toile de fond le règlement du passif social dû aux travailelurs de Sotiba et de Sotexka, le président du groupe Ccbm est entré dans ce secteur à travers sa société Domitexka. A l’époque, rappellent les travailleurs, le règlement du passif social des travailleurs était un contentieux que Serigne Mboup s’était engagé à vider avant sa reprise des activités de l’usine.

Dans ce sens, un accord avait été trouvé entre les travailleurs et le nouveau repreneur, sous l’égide du ministre de l’industrie d’alors. Cette entente sera matérialisée par le protocole d’accord tripartite signé le 10 octobre 2010. En substance, ledit protocole précise que « M. Serigne Mboup s’engage à reprendre l’usine et à régler les arriérés dus aux travailleurs. Il s’engage à payer par anticipation les droit dus à l’ensemble des retraités ». Sur cette base, la société Domitexka a officiellement repris les activités pour la continuation du projet Politexka en décembre 2010.

Réponse de Serigne Mboup

« Je tiens d’abord à préciser que je n’ai aucun lien avec la Sotiba. Je ne sais d’ailleurs rien de cette société. Je ne sais rien de son fonctionnement, ni de ses employés. Je n’en sais vraiment rien du tout. Ce que je sais, par contre, c’est qu’à Kaolack où je suis le président de la Chambre de commerce, l’Etat du Sénégal avait cédé l’usine Politexka à un certain Jean-Marc Secondi. Quand ce dernier a eu des difficultés, il a abandonné la société et est rentré chez lui. C’est par la suite que les employés sont venus me voir pour solliciter mon aide en vue du redémarrage de l’usine. Je tiens à préciser que c’est eux qui ont entrepris toutes les démarches. Ils sont même allés voir l’Etat à cet effet.

En 2010, nous avons signé un accord tripartite. Après la signature de cet accord, le ministre de l’industrie d’alors, Abdoulaye Baldén avait déclaré que j’allais reprendre l’usine que j’allais payer tous les droits. Mais j’avais aussitôt démenti en disant que je ne pouvais payer aucun droit et que je m’étais simplement engagé pour relancer les activités de l’usine. Depuis lors, je reconnais que les activités peinent à démarrer comme in le souhaite. Le milliard de francs CFA dont ils parlent, c’est mon argent. Ce n’est pas celui de l’Etat. L’Etat me devait cet argent que j’ai viré dans les comptes de la société Domitexka (Domaine industrielle de Kahone) que je venais de créer. Je reconnais que je ne sais rien du textile. Je voulais simplement les aider pour relancer les activités de l’usine. Mais quand je me suis rendu compte que les activités ne marchaient pas comme on l’aurait souhaité, j’ai convoqué tous les employés pour le faire savoir que je ne pouvais plus continuer. Ils m’ont demandé de leur donner la permission de piloter l’usine eux-mêmes. Ce que nous avons conclu. J’ai perdu un milliard dans cette usine. Si demain l’Etat souhaite la reprendre, il n’y aura aucun problème. Je a lui rendrai sans aucun problème ».

(Source EnQuête)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here