En son Palais, ce 31 décembre 2017, comme à l’accoutumée le chef de l’Etat a servi son discours du Nouvel an au peuple sénégalais. Une adresse à la Nation parmi les plus concis depuis son accession à la magistrature suprême. Sur la forme, Macky Sall était dans son époque. Sur le fond, ceux qui ont écouté le président de la République ont eu l’impression de « boire » du réchauffé pour ne pas dire d’un assemblage des communiqués du Conseil des ministres de l’année 2017. Le président Macky Sall n’a rien dit qui n’est déjà était bassiné par lui-même, ses ministres, ses nombreux collaborateurs ou souteneurs politiques. De long en large, de la politique pour l’emploi en passant par la santé, l’éducation et le PSE, le locataire du Palais de l’avenue Leopold Senghor a récité l’habituelle litanie d’un pouvoir qui croit déjà détenir son bilan définitif pour 2019. Il en restera quoi?

La rue a l’habitude de seriner qu’au Sénégal, les partis au pouvoir ne travaillent pas la dernière année précédant l’élection présidentielle. Serait-ce le cas pour 2018 et la dernière ligne droite (?) vers l’élection présidentielle de 2019? On pourrait le croire. Un Directeur général d’une grande structure nationale a été surpris hier en train de dire que désormais seule la réélection du président Macky Sall lui importe. Dans le Macky, il n’est pas le seul à raisonner ainsi. Cet état d’esprit est d’ailleurs antérieur à l’année 2018. Il a toujours habité les tenants du pouvoir qui singent ce qui a existé ici hier, avant-hier et à l’époque. La campagne électorale de 2019, c’est déjà maintenant.

Macky Sall est convaincu que son bilan pourrait le propulser sur l’autoroute 2019-2024. Un second mandat qui pourrait être porté par ses réalisations post-wadistes et son PSE qui a fini de demeurer dans le conscient local. Sur le plan politique, l’idée du dialogue national relancée par le pouvoir n’est qu’un moyen de soupeser une dernière fois la capacité de l’opposition à s’entendre sur l’essentiel. Le pouvoir en place n’a rien à perdre à voir le dialogue national partir en fumée. Cela ne participerait qu’à installer un flou qui pourrait lui permettre de « confisquer » au moment voulu le pouvoir. Deuxième dessein de tout pouvoir normal ayant conquis démocratiquement les urnes. Il ne faut pas se tromper: Macky Sall a autour de lui des alliés faibles qui, paradoxalement, sont à même de lui garantir tous les possibles. N’est-ce pas messieurs Tanor Dieng et Moustapha Niasse?

Reste les affaires courantes à expédier: inaugurer par ci par là, évacuer le procès Khalifa Sall, finir les derniers chantiers, massifier l’Apr et Benno Bokk Yakaar, convaincre tous les sceptiques et éviter de commettre les erreurs de tous bords qui pourraient saper les acquis. Ce sont des voeux pieux que Macky Sall a émis entre les lignes dans son adresse à la Nation. Reste le choix du peuple souverain et sa vision des choses dans ce Sénégal happé de toutes parts par des vents contraires qui pourraient piétiner les calculs politiques les plus élaborés. Alors, méfiance!

E.K./XAMLE

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