Divisée, ou divertie, sur la question du dialogue national réinitié par le pouvoir en place, l’opposition sénégalaise dans sa diversité ne donne pas l’impression de tenir les commandes de sa destinée .Au sortir des dernières législatives, c’est un sentiment de flou qui resurgit avec  une Assemblée nationale qui masque les réelles tendances actuelles. L’opposition sénégalaise saura-t-elle aller à l’essentiel et taire ses sempiternelles guerres de calculs et de positionnements entre leaders ? Au rythme où vont les choses, le sentiment qui prédomine est celui d’une opposition piégée par ses propres contradictions. Avec des retrouvailles-coalitions contre nature qui, si elles n’ont rien d’handicapant sur le long terme, demandent beaucoup plus de subtilités pour secouer le « baobab » Benno Bokk Yakaar.
Comme plan d’actions dans le court terme, l’opposition compte organiser une marche nationale à la fin du mois de janvier. Pour mutualiser leur force, le mouvement Initiative pour des Élections Démocratiques au Sénégal, mis en place par des partis comme le Pds, Bokk Gis-Gis, Act, Rnd, Grand Cadre, Pastef, Tekki veut s’élargir à d’autre partis de l’opposition. Cette opposition dite significative entre autres conditions exige l’organisation d’élections libres et démocratiques. En plus de la mise en place d’une commission arbitrale qui sera composée de trois membres (un représentant du pouvoir, de l’opposition et de la société civile), l’audit indépendant du processus électoral, la mise en place d’une haute autorité pour remplacer la CENA, la suppression des votes militaires et civils le même jour, la distribution transparente des cartes biométriques. Un cahier de doléances adressé à un pouvoir en place qui avait vu venir et ne semble pas disposer à contenter ces desiderata. Cela surprend qui ?
L’opposition a «accepté» la nomination de l’ambassadeur Seydou Nourou Ba à la tête de la présidence du comité de concertation sur le processus électoral sans trop croire au choix imposé par le pouvoir. En privé, certains d’entre eux crayonnent le diplomate comme l’homme du pouvoir. D’autres lui reprochant d’être trop proche de certains alliés du Président Sall pour être aussi neutre. Si sa nomination n’est pas en soi une source de blocage, elle renseigne cependant sur la volonté du régime en place de poursuivre le dialogue national sur le processus électoral sans trop laisser d’alternatives à l’opposition. En plus clair : le pouvoir s’attend à tout et aurait pris ses devants pour passer très rapidement à autre chose en cas d’enlisement des préalables aux discussions.
L’aile dure de l’opposition représentative rassemblée au sein de la nouvelle entité qu’est le mouvement Initiative pour des Élections Démocratiques au Sénégal n’entend rien céder à Benno Bokk Yakaar. Des opposants comme Mamadou Lamine Diallo de Tekki, Ousmane Sonko de Pastef et Diéthé Fall de Rewmi se sont radicalisés au point d’indisposer certains de leurs « camarades » de lutte de l’opposition. Qui leur reprochent leur surdité contagieuse. Où tout cela mènera-t-il ? La tendance à l’heure actuelle est de pousser le pouvoir à accepter certaines de leurs revendications pour poursuivre le dialogue national. Quitte à tout «brûler» pour réduire le dialogue en cendres et se diriger vers l’échéance toute proche de 2019. Avec quelles armes ?

E.K./XAMLE

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