Comme le PS, le PDS et dans une moindre mesure l’AFP, l’APR veut se doter de son siège national. Un projet à gros coups de pubs, de communiqués dans la presse et tout le flonflon qui va avec pour prouver que le parti de Macky Sall est réellement dans le temps de l’embourgeoisement. La construction d’un siège national mérite-t-elle tout ce tintamarre qui a déjà fait naitre un début de polémique entre l’architecte de départ et le leader de l’APR ? Que dit tout ce bruit ? Que l’APR ne se considère déjà plus comme ce parti qui devait se lever pour le peuple et se reconnaitre en lui. La construction d’un siège, s’il découle de l’ordre normal d’un parti qui plus est au pouvoir, doit se faire dans l’humilité et la «discrétion». Dans un pays où la pauvreté galopante et croissante est comme un nez au milieu de la figure, l’attitude de l’APR confine à l’arrogance.

Il est question d’un terrain de 2000 mètres carrés à 600 millions FCFA et des engagements de souscription de l’ordre de 300 millions FCFA. Rien que ça ! Qu’en est-il de la république sobre et vertueuse tant vantée sur tous les murs du Sénégal ? C’est de l’ordre déjà d’un temps révolu où les apéristes s’essayaient à l’exercice du pouvoir, ferrant les Sénégalais. Le slogan s’est mué en une république sombre où le temps du travail a fait place au temps de l’isolement calculé. Il n’est plus question ici de faire émerger le Sénégal. Il est question d’ériger des «vestiges» qui survivront au leader de l’APR comme la Maison du Parti socialiste survit aujourd’hui à Senghor et Diouf. Au devant, l’on mettra l’effigie grandeur nature de Macky Sall comme du temps de Mao. Le culte de la personnalité, qui doit être enterré avec les dernières ruines de l’ancien monde, n’heurte point ces politiciens-courtisans avides de pouvoir et de « reconnaissance». N’est-ce pas Abdou Mbow ?

Pour être l’homme de son pays, Macky Sall devrait se convaincre d’abord d’être l’homme de son temps. L’est-il vraiment ? 2019 le dira. Pour l’heure, le leader de l’APR est dans sa course effrénée de l’inauguration. Son «dernier bijou» ne participe pas de l’élan national. C’est lui d’un homme, porté naguère par un peuple, qui s’offre ses rêves. Entouré de ses partisans et autres thuriféraires, l’apériste en chef toise le Sénégal en sa bulle dorée. Il exhorte ses ministres, directeurs généraux et autres obligés à mettre la main à la poche pour participer à la construction de ce siège national. Le monde rural attendra. Les étudiants attendront. Les Sénégalais patienteront. Pour l’heure, seul compte les priorités et autres caprices de l’APR. Exit la souffrance du goorgorlou! Place à la république pernicieuse.

S’il est vrai que le désir narcissique de tout homme politique est d’être regretté, Macky Sall est irrémédiablement sur ce chemin. Il voudrait laisser sa trace qu’il n’en ferait pas autrement. Le siège national de l’APR ne portera pas son nom. Le communisme est fini. Il portera peut-être le nom d’un de ses plus fidèles compagnons, Amath Séne, décédé bien avant l’accession de l’APR au pouvoir et que le leader de l’APR continue de pleurer. L’inauguration se fera également à grands coups de millions, de bruits et de logorrhées. On ne se refait pas. Ainsi va le Sénégal. L’APR ne révolutionnera rien. C’est un parti rentré dans les rangs comme tous les autres partis qui avaient confondu leur destin avec celui du Sénégal. Il en restera quoi ? Le sentiment d’un eternel gâchis et d’un clan qui s’embourgeoise.

E.K./XAMLE

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