A lui seul, il a condamné et envoyé à l’«échafaud» Khalifa Sall et Cie coupables de tous les pêchés d’Israël et exclus du PS «pour actes de violences, indiscipline caractérisée, refus systématique de respecter les règles de démocratie interne ainsi que les décisions et orientations majeures des instances régulières».  Au moment de leur mise au ban, Abdoulaye Wilane n’a pas raté ses désormais ex-camarades de parti. Virulent à souhait, le maire de Kaffrine, bave à la bouche, a tonné puis menacé Khalifa Sall, Barthélémy Dias, Bamba Fall et tous les autres «comploteurs contre le parti socialiste». Wilane le censeur, porte-parole d’un Parti socialiste à nu, se révèle être l’aboyeur d’une maison en ruines. S’il était footballeur, il serait à la fois défenseur central, milieu récupérateur, milieu relayeur, milieu offensif et avant-centre. Un polyvalent au zèle étouffant qui n’aura rien appris de Talleyrand et de son cours sur l’excès.
L’inimité entre Abdoulaye Wilane et Khalifa Sall ne date pas d’aujourd’hui. Aux temps de la belle époque socialiste, l’ascension dans le parti de l’actuel maire de Dakar n’était pas pour plaire aux «rampants» dont le député-maire de Kaffrine faisait partie. Khalifa Sall et Abdoulaye Wilane étaient camarades de même parti sans boxer dans la même catégorie. D’où cette «haine»  réciproque ou mépris entre les deux hommes ? L’histoire retiendra qu’à l’époque de la belle entente entre Ousmane Tanor Dieng et Khalifa Sall, Abdoulaye Wilane, lui, était encore dans les rangs à batailler pour exister dans un parti où la démocratie interne est affaire de clans. Aujourd’hui bras droit et proche de Tanor Dieng, Wilane a profité de la « mise à mort » des Aissata Tall Sall, Barthélémy Dias et autres dissidents pour se rapprocher du secrétaire national du Ps. Il a pris la place toute chaude laissée par ses désormais ex-camarades, autrefois complices d’Ousmane Tanor Dieng. La nature ayant horreur du vide, le député-maire de Kaffrine n’a même pas eu besoin de se bousculer pour grimper dans la hiérarchie socialiste.
Débatteur, polémiste, thuriféraire et propagandiste tout à la fois, Abdoulaye Wilane nage dans ce Parti socialiste tel un poisson dans l’eau. Il est à l’aise puisque Tanor lui donne aujourd’hui les moyens de son «combat». Donneur de leçons impénitent, Wilane en fait-il trop ? Incontestablement, le Kaffrinois déborde de son rôle. Son zèle à vanter les «mérites» de Macky Sall, l’allié de Benno Bokk Yakaar, indispose et gêne aussi bien les Sénégalais que ses propres camarades de parti. Son ardeur à défendre Ousmane Tanor Dieng contre vents et marées confine aujourd’hui au godillot. Avec lui, la mesure et encore moins la retenue n’ont plus leur sens. Qui pour le raisonner ? La dernière sortie-polémique du ministre apériste Pape Gorgui Ndong, clamant que les anciens dirigeants socialistes devraient être aussi audités par la CREI, est venu lui rappeler que l’équilibre est fragile. Qu’en politique, les vérités d’aujourd’hui sont rarement celles de demain. Le maire de Kaffrine n’étant pas homme à se raisonner, il lui sera difficile de faire dans la subtilité pour lire les mauvais présages.
Le Parti socialiste est aujourd’hui une formation politique fragilisée. Wilane, qui n’a rien fait pour arrondir les angles ni se raisonner, prend la place qui lui revient et qu’il a bataillé pour obtenir. Député et maire de Kaffrine, il n’a pas encore l’aura lui permettant de fédérer autour de lui. Le très contesté Ousmane Tanor Dieng ne lâchera pas l’appareil socialiste de sitôt. Khalifa Sall et Cie iront avec leur part. Il restera ce qu’il restera. Wilane, Bocar Thiam et tous ces jeunes loups aux dents longues garderont le temple. Un temple devenu «ruines». Avec le maire de Kaffrine en porte-voix de toutes les causes. Mêmes les plus inutiles.

XAMLE

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