2017 débute dans le landernau politique comme d’autres années ou des hommes politiques n’ont trouvé d’autres meilleures étrennes à leur peuple que de leur annoncer leur migration vers des prairies plus grasses, plus verdoyantes.
Rien n’y fait, ni le rejet unanime et l’opprobre jeté sur les tenants de cette forme de prostitution politique, ni les professions de fois de certains de ces mêmes hommes politiques sur leur résolution à combattre ce véritable virus qui gangrène la pratique politique, ni même les propositions de tous ordres de la société civile sur la manière de mettre définitivement fin à cette ignominie.
Il n’y a guère, certaines autorités religieuses ont essayé de mêler leur voix au concert de condamnations parce qu’en réalité le milieu religieux même n’y est pas épargné.
Pourquoi alors rien ne change ? N’y a-t-il pas des déterminants trop ancrés dans notre société pour expliquer la pérennité du phénomène ?
Loin de nous une quelconque envie de nous livrer à une étude des raisons profondes de ce phénomène ; elles pourraient en réalité etre aussi bien profondes que superficielles et cela , peut être, n’apporterait rien au débat.
Nous allons simplement relever dans cet article un trait particulier de notre société qui donne souvent du grain à moudre à ceux qui pratiquent cette transhumance tout autant qu’à d’autres trouvés dans des situations apparemment peu glorieuses.
Au Sénégal on a toujours eu une grande capacité à légitimer voir même à embellir certaines actions au point de réussir la prouesse de donner à un vaincu d’une compétition quelconque le beau rôle au détriment du vainqueur.
C’est dans notre pays qu’on semble avoir inventé cette formule du «DAANU MELNI YADAAN» qui tresse des lauriers au vaincu en minorant la performance du vainqueur.
Il nous souvient d’ailleurs des paroles fortes d’un ancien chef d’état-major général de l’armée sénégalaise à une équipe sportive de notre armée en partance pour une compétition internationale « la seule place d’honneur qui compte c’est la première et rien d’autre».
Le général voulait alors combattre cette propension très sénégalaise à embellir ce qui ne peut l’être et assurément la transhumance ne peut être défendue même par les éventuels bénéficiaires.
C’est l’occasion d’ailleurs dans cette article de mettre en parallèle deux attitudes, celle du président Macky et celle de son«plus qu’ami» Moustapha Cissé Lo
Grande a été la déception, sinon plus, d’innombrables Sénégalais en entendant Macky Sall , très peu de temps après son accession au pouvoir, se livrer à une véritable apologie de la transhumance politique (n’est-elle d’ailleurs pas aussi condamnable que d’autres apologies ?) ; il venait, lui le jeune président venu, dit on, pour rénover la pratique politique en tournant le dos à des hommes et des comportements déshonorants pour le Sénégal et même pour les politiciens eux-mêmes, de se renier.
En effet ses propos d’avant campagne et surtout de campagne déploraient de la manière la plus catégorique le véritable achat de conscience et de dignité, base de cette transhumance. ; son virage à 360 degrés a surpris plus d’un mais ce n’était, en réalité, que l’annonce d’autres reniements tout aussi surprenants dans maints domaines et promesses qui avaient appâté des Sénégalais
Aujourd’hui, c’est un membre de son camp pourtant très proche de lui au point d’ailleurs qu’on a pu penser bien souvent qu’il en était soit l’inspirateur soit le «lanceur de ballons de sonde» qui vient de prendre le parti d’ériger et, de la manière la plus fracassante, une véritable «ligne Maginot» face au nouvel aspirant marron Sada Ndiaye, ex-secrétaire aux affaires électorales du parti démocratique sénégalais et maire d’une ville du département de Matam.
Que penser de ces deux attitudes ? Nous admettons que ces positions ont été proclamées à des moments différents ; mais y a-t-il quelques changements dans l’attitude du président Sall depuis sa déclaration de Kaffrine ? Que nenni ; au contraire la dernière actualité de son camp, la querelle autour de ce que certains ont bâti et intitulé «initiative 2035» entre un de ses initiateurs, le ministre du tourisme Mame Mbaye Niang (réputé être un des poulains du président Macky Sall) et celui d’autres responsables de ce parti qui la combattent, pour avoir mis en tête d’affiche des transhumants, montre à suffisance que leur chef cautionne encore et toujours cette pratique honteuse.
Quoi d’étonnant cependant ! Les pouvoirs sous nos cieux ont une telle hantise de la perte du pouvoir que cela autorise tous les excès, la transhumance n’en représente d’ailleurs qu’un aspect.
Sur ce registre donc, c’est une pratique quasiment légalisée et peut-être même banalisée ; pourtant le cas Sada Ndiaye est loin d’être aussi anecdotique que cela puisse paraitre.
Tout d’abord s’il y a quelqu’un qui a un bien lourd contentieux avec le camp présidentiel et le président en particulier. c’est bien lui (loi Sada Ndiaye sur la réduction du mandat du président de l’assemblée-Macky Sall à l’époque- de cinq à un an); ce contentieux entre des hommes ,semble t il, liés par la parenté, n’a fait que s’amplifier avec le temps ; en effet Sada Ndiaye dans sa position de secrétaire aux affaires électorales du parti démocratique sénégalais a maintes fois révélé les tricheries de la coalition au pouvoir en matière électorale surtout au Fouta, région d’origine des deux hommes.
Alors que penser de ce départ du Parti démocratique sénégalais et surtout de cette sorte de reddition ?
Qu’ on ne vienne surtout pas nous parler de frustrations dont il aurait été l’objet dans ce parti, car c’est plutôt lui et ceux qui ont pu lui donner tous les pouvoirs qu’il détenait qui en auront frustré plus d’un (l’ancien ministre et ambassadeur Abdou Malal Diallo et ses autres frères du Fouta ne nous démentiront point).
Donc la question est ailleurs, et peut être est ce la raison qui faisait penser dit-on à Abdoulaye Wade, que Sada partirait tôt ou tard.
N’est ce pas au-delà du simple intérêt matériel cette déplorable propension à mettre au-delà des convictions politiques le sentiment d’appartenance à un groupe ou ethnique, ou religieux, ou autre qui, depuis 2012 surtout, a introduit un virus dangereux dans notre pays.
Quel grand danger pour notre pays quand on fait fi des tares, des vilainies, des turpitudes de l’autre pour ne considérer en lui que le parent.
Ne «faire crédit» à l’autre que sur cette base,, se séparer de «ses amis» avec lesquels on partage les mêmes convictions idéologiques , la même philosophie de la gestion des hommes et des choses de la république «rés publica» n’est ce pas abominable et condamnable au plus haut point ?
Nous préférons encore ceux-là qui migrent simplement pour des prairies plus grasses. On pourrait dire alors que rien ne change sous le ciel du Sénégal mais penser un seul instant qu’on peut le faire pour les raisons évoquées plus haut, cela changerait tout.

XAMLE

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