Me El Hadj Diouf est monté au créneau pour dénoncer un échange de correspondances entre le préfet de Dakar et l’Agent judiciaire de l’État (Aje) portant sur le dossier qui a valu à Khalifa Sall et 7 autres personnes une détention.

Confronté à une constitution contestée au profit du maire de Dakar, il a fait fi des plaintes des avocats de l’État pour répondre aux exceptions soulevées par ceux-ci pour relever l’irrecevabilité de la constitution de partie civile de l’État dans cette affaire. « Les masques sont tombés. Le préfet a envoyé une correspondance à l’Agent judiciaire de l’État. Il y a manifestement un complot », soutient-il.

El Hadji Diouf a alors soulevé une violation des procédures et des anomalies en ce sens que selon lui, « l’Aje s’est substitué en avocat pour plaider des exceptions d’irrecevabilité, au lieu de laisser le soin aux conseils constitués pour défendre les intérêts de l’État. Alors que l’État ne peut même pas se constituer partie civile, elle ose contester la vraie partie civile de cette affaire », explique-t-il.

Me Diouf qui a pris pour cible l’Aje a déploré l’obligation que celui-ci a « de défendre le diable ». Le diable c’est l’État ! On parle de collectivité locale. Qu’est-ce que l’État vient faire ici ?, s’est-il interrogé. Le collectif des avocats m’a chargé de plaider pour défendre la constitution de partie civile de la Ville de Dakar ».

Me Ciré Clédor Ly, avocat de Khalifa Sall et Cie a pour sa part plaidé la recevabilité de la constitution de son confrère Me El Hadj Diouf. Selon lui, « il n’existe pas de fondement juridique qui peut interdire à Me El Hadj Diouf de se constituer pour la défense d’une collectivité locale ».

Sa consœur, Me Ndéye Fatou Touré, a quant à elle, évoqué un droit supranational pour plaider la recevabilité de la constitution de partie civile de la Ville de Dakar. Il s’agit de l’article de la Charte africaine des droits de l’homme. Laquelle dit que « toute personne physique ou morale a droit à ce que sa cause soit entendue ». Les droits de la défense sont sacrés, a-t-elle soutenu devant le président de l’audience correctionnelle.

Me François Sarr, n’en dira pas plus. Dans ses plaidoiries, il a estimé que « même si la Ville de Dakar n’était pas constituée dans le procès, il aurait été obligatoire de l’insérer dans le dossier »

Portant la réplique suite aux propos de ses confrères de la défense, Me Yérim Thiam a tenté de leur remonter les bretelles. « L’Aje agit pour tous les services de l’État. Si le préfet veut des éclairages de l’Aje. Il lui adresse une correspondance. Il ne peut donc pas y avoir de complicité. C’est le service normal de l’État. (…). Ce que les conseillers ont écrit ici (dans le document contenant leurs dépositions) aurait suffi pour qu’ils soient poursuivis pour complicité.

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