Mars 2012, Février 2018, six ans de présidence de Macky Sall et des tonnes de promesses comme aux plus beaux jours de l’avant présidentielle 2012. Monsieur le président est en tournée pour, dit on, «inaugurer» une route réfectionnée – le fameux tronçon Fatick-Kaolack- de «l’ami» de la deuxième alternance le sieur Bara Tall de la société Fougeroles.

Que de choses à dire sur cette affaire ne serait que du point de vue de la continuité de l’Etat ; en effet quel remerciement doit on à un citoyen qui, après avoir fait perdre à son pays des milliards pour mauvaise exécution d’un chantier, en reçoit encore pour refaire le même travail ?

Les Etats, dit-on, n’ont pas d’amis mais des intérêts, nos petits Etats plus encore avec leurs maigres ressources et leurs priorités en tous genres. Monsieur le président devrait pourtant savoir que les ressources qui construisent ou réhabilitent ces infrastructures appartiennent au peuple qui ne peut accepter qu’on se défausse sur son dos même pour plaire à des amis. Vos amitiés, nous n’en avons cure ; de grâce préservez nos intérêts contre tout et tous ; nous ne pouvons accepter que même au nom de la préférence nationale, et surtout à cause de cela, on brade nos intérêts et qu’on tresse des lauriers à qui ne les mérite point.

Qui plus est, monsieur le président, nous faire attendre six ans pour une simple réfection d’une route vitale pour l’économie nationale et sous régionale , après l’avoir annoncée comme une sur-priorité bien avant votre élection, est-ce la meilleure façon d’entretenir l’espoir ?

Sur un autre plan, les paysans dont les récoltes envahissent leurs concessions dans l’attente d’hypothétiques acheteurs, peuvent ils encore croire en de chimériques promesses qui font suite à d’autres qui ont jalonné votre mandat ?

Au surplus, quand vos services et vos thuriféraires s’échinent à nier que cette campagne est calamiteuse et réveille de mauvais souvenirs avec les fameux bons impayés de triste mémoire, nos paysans savent déjà qu’ils risquent de déchanter très vite dans leurs espoirs d’hypothétiques acheteurs chinois ou autres.

«Ne bradez pas vos récoltes», demandez vous à nos parents de la campagne. Mais que faire face à leurs besoins quotidiens ? Ont-ils même le choix face à de telles urgences ? Ceux d’entre eux qui ont eu le rare «bonheur» d’avoir trouvé «acheteur» courent derrière leur du. Dans une région voisine, on en est déjà à 100 F le kilo comme à Boundou-Sambou dans le Médina Yoro Foula.

En définitive, monsieur le président, quelles bonnes nouvelles avez-vous amené aux Saloum-saloum, vos hôtes du moment, lorsqu’une frange extrêmement importante de populations de ce bassin arachidier ne trouvent pas leurs comptes dans votre politique si tant est que vous en ayez vraiment une pour eux. Monsieur le président nous n’avons pas oublié vos promesses des conseils de ministres décentralisés et les pluies de milliards qui ne semblent pas avoir arrosé nos terres si arides du Saloum comme d’ailleurs.

Monsieur le président qu’ont vu les Saloum-Saloum pendant votre tournée, qui parait d’ailleurs avoir été décidée sous le sceau de l’urgence à la quête d’un nouveau graal qui s’éloigne de plus en plus malgré vos proclamations et exorcismes de toutes natures ?

Monsieur le président vos compatriotes sont fatigués, vraiment fatigués et vos remèdes ne semblent que cautère sur jambe de bois.

XAMLE

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