Eight members of the Senegalese opposition, (From L to R) Alioune Tine, Youssou N'Dour, Macky Sall, Moustapha Niasse, Talla Sylla, Amath Danssoko, Idrissa Secke, Cheikh Tidjane Gadio, Tanor Dieng and Cheikh Bamba Dieye, stand together during a press conference in Dakar, on February 4, 2012. The eight opposition candidates, running in Senegal's presidential election, pledged today to take joint action to block President Abdoulaye Wade from standing for a third term in office. AFP/PHOTO / SEYLLOU (Photo credit should read SEYLLOU/AFP/Getty Images)

Les coalitions au Sénégal ont généralement une durée de vie fort éphémère surtout lorsqu’elles sont amenées suite à une victoire électorale, à exercer le pouvoir ensemble .La coalition FAL ( Parti démocratique sénégalais, Alliance des forces progressistes, parti de l’indépendance et du travail, ligue démocratique, And Jef et autres s’est très rapidement brisée sur les écueils du pouvoir notamment avec les départs de deux piliers essentiels le premier ministre de l’époque Moustapha Niasse puis d’Amath Dansokho alors à la tete du département de l’urbanisme

C’est peut être cette première expérience non concluante qui a aidé les tenants de cette nouvelle coaltion de la deuxième alternance démocratique à dépasser les contradictions inévitables dans ce type d’attelage à la sénégalaise qui fait fi des orientations idéologiques, des passés et histoires, des projets et programmes des uns et des autres

Pour les membres de ces coalitions seule la victoire compte mais celle qui gouverne le pays depuis 2012 a su jusqu’à présent dépasser cet objectif minimal et a réussi à gouverner ensemble au point de donner l’impression d’être d’airain

Qui plus est, le partage du « gâteau Sénégal » opéré par le chef de la coalition en l’occurrence le président Sall semble avoir satisfait ses alliés du moins les chefs des entités coalisées

Apparemment c’est sur un fleuve tranquille que Benno Book Dakar a vogué jusqu’à ces derniers mois en particulier depuis l’éclatement de l’affaire Khalifa Sall

Nous n’insisterons pas spécialement sur cette affaire et son retentissement dans la marche de cette coalition car touchant un de ses piliers : le parti socialiste aujourd’hui complètement fracassé et dont l’apport électoral ( gage de son poids par rapport aux autres membres ) s’est fortement érodé ( les résultats des dernières législatives en sont une preuve flagrante

Nous axerons notre réflexion sur deux à trois situations qui ne peuvent pas ne pas interpeller les membres de Benno et à cet égard rien ne sert de pratiquer la politique de l’autruche

Tout d’abord après l’affaire Khalifa Sall qui était déjà une véritable grosse épine aux pieds des socialistes ,c’est à une violente attaque frontale du parti et de son patron Ousmane Tanor Dieng à laquelle s’est livré un membre important de leur principal allié (l’Apr) le ci devant ministre de la jeunesse et de la construction citoyenne Pape Gorgui Ndong ; celui là s’il cherchait le buzz comme on dit maintenant, il l’a bien obtenu

Cette attaque sans nuance aucune malgré quelques « retouches mineures » de son auteur : « je parle en général de tous ceux qui ont eu à gérer nos deniers dans le passé » comme précisé dans une interview à un journal de la place, ne fait en réalité qu’enfoncer le clou et creuser un peu plus le fossé

En effet qui a géré ce pays pendant quarante ans sinon le parti socialiste ? Certains de ses responsables d’aujourd’hui n’étaient ils pas parmi les piliers des gestions socialistes passées ?

Qu’on ne nous parle surtout pas des libéraux car ils ont connu déjà , à tort ou à raison, les foudres de ce nouveau pouvoir( avec les socialistes comme partie prenante de la véritable inquisition à leur égard)

Alors que comprendre quand des attaques fusent contre un allié sinon essentiel par le nombre mais du moins pour le symbole ?.

Les politiciens sont de vrais joueurs et ne vous utilisent que dans la mesure ou vous pouvez leur apporter quelque chose ; est on arrivé dans le camp marron à la conclusion que le parti socialiste version Tanor devient progressivement plus un poids mort et encombrant qu’autre chose Cette lecture de la situation est d’autant plus plausible que de tout temps certains milieux marron ne voient dans les socialistes que des « profiteurs de positions » sans rapport avec leur poids réel

Autre feu sous la cendre le problème Moustapha Niasse qui a surpris nombre de membres du pouvoir actuel après sa sortie fracassante suite aux propos de l’ancien premier ministre Aminata Touré qui avaient situé les résultats de la traque des biens supposés mal acquis à plus de deux cent milliards

Pour d’aucuns qui ne cautionnent d’ailleurs pas la déclaration de Mimi Touré, Niasse aurait pu leur épargner pareille contestation publique d’un membre du camp présidentiel même très périphérique aujourd’hui

Niasse est une voix qui compte dans le dispositif institutionnel et cela fait désordre ; dés lors des suspicions légitimes d’autant plus loin a eu son bâton de maréchal et n’attend plus grand-chose sauf cataclysme

Quant aux autres membres de la coalition déjà très peu représentatifs au plan électoral, leur compagnonnage avec le président Sall a fini de les fragiliser depuis longtemps ; ces partis luttent beaucoup plus pour leur propre survie qu’autre chose

Dans ce brouillard qui semble de plus en plus enveloppé la coalition au pouvoir, quel sort réservé à l’artiste planétaire Youssou Ndour, à lui-même essentiellement beaucoup plus qu’à son mouvement

Youssou Ndour est apparu depuis la deuxième alternance surtout comme une sorte de caution sinon « morale » du moins comme une légitimation de la dimension intégratrice du nouveau régime apparemment ouvert à toutes les couches et corporations de la société sénégalaise

Pourtant que révèle la sortie de Youssou Ndour sinon que le Sénégal et les Sénégalais ont été victimes d’une grande arnaque de la part d’une petite caste politico affairiste et familiale qui a érigé l’ostracisme et le mépris comme moyen de cacher ses insuffisances et ses avanies

Youssou, il n’est pas tard pour réparer ses torts,   reprendre le train de la grande histoire du Sénégal et quitter celui du bradage de ses intérêts

Vous ne pouvez pas avoir chanté l’Afrique et la dignité de ses fils pour continuer à rester dans le camp de ceux qui aident à nous remettre nos chaines d’antan

Youssou, ceux pour lesquels vous avez sacrifié une part de votre crédit, ont déjà d’autres fers au feu et d’autres perspectives

En effet un autre signal fort de ces derniers temps de vos futurs compagnons : les appels souterrains ou publics du président Sall à ses ex frères libéraux peut être son unique bouée de sauvetage pour 2019

Au total rien que des voyants rouges pour la coalition Benno comme si le château de cartes étaient en train de s’écrouler

 

XAMLE

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