Le candidat naturel du Parti démocratique sénégalais (Pds) à la présidentielle de 2019 vient de lancer un nouveau défi au Président Macky Sall. Est-ce une stratégie pour faire sortir le gouvernement de ses gonds, ou est-ce une stratégie d’orienter le débat et la popularité envers lui ? En tout cas de deux choses l’une. Depuis l’inculpation du maire de Dakar, Khalifa Sall, dans l’affaire de la caisse d’avance, les regards cherchent le fils de l’ancien président même si le président de Rewmi n’est pas à perdre de vue.

Le 23 juin 2016, Karim Wade était libéré de la prison dakaroise de Rebeuss par un décret portent « grâce présidentielle ». Le lendemain, il s’envolait pour le Qatar où il séjourne jusqu’à présent. Depuis lors le fils de l’ancien président de République ne s’exprime que par correspondance. Reviendra au Sénégal ou pas ? La question est sur toutes les lèvres. « On n’a pas exilé Karim Wade. Il faut lui poser la question de savoir pourquoi il ne peut pas revenir au Sénégal ? Son séjour prolongé au Qatar n’est pas, à ma connaissance, dû au pouvoir », soutenait Mahmoud Saleh, ministre d’État auprès du président de la République. Mais, pour ses partisans, il n’y a pas l’ombre d’un doute. Karim Wade a été poussé en « exil par Macky Sall qui le craint profondément ».

Condamné en 2015 par la CREI à six ans de prison, cette condamnation étant définitive, le fils de Wade n’aurait aucune chance d’être président de la République un jour, si on s’en tient au code électoral sénégalais qui fixe les limites.

En effet dans son article L. 31, la loi électorale sénégalaise indique les personnes empêchées de s’inscrire sur la liste électorale. « Ne doivent pas être inscrits sur la liste électorale : les individus condamnés pour crime ; ceux condamnés à une peine d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement avec sursis d’une durée supérieure à un mois, assortie ou non d’une amende, pour l’un des délits suivants : vol, escroquerie, abus de confiance, trafic de stupéfiants, détournement et soustraction commis par les agents publics, corruption et trafic d’influence, contrefaçon et en général pour l’un des délits passibles d’une peine supérieure à cinq (05) ans d’emprisonnement ; ceux condamnés à plus de trois (03) mois d’emprisonnement sans sursis ou à une peine d’emprisonnement d’une durée supérieure à six (6) mois avec sursis, pour un délit autre que ceux énumérés au deuxièmement ci-dessus sous réserve des dispositions de l’article L.30 ; ceux qui sont en état de contumace ; les faillis non réhabilités dont la faillite a été déclarée soit par les tribunaux sénégalais, soit par un jugement rendu à l’étranger et exécutoire au Sénégal ; ceux contre qui l’interdiction du droit de voter a été prononcée par une juridiction pénale de droit commun ; les incapables majeurs. »

Reqinqué par la décision du Tribunal de Grande Instance de Paris, ou encore de le Banque Mondiale qui l’ont « blanchi », le fils de l’ex Président Wade se dresse en farouche opposant au régime de Macky Sall. Mieux, il décide de prendre son courage à deux mains pour demander au Chef de l’Etat de lui permettre de l’affronter sur le terrain politique et laisser les Sénégalais arbitrer. Visiblement gonflé à bloc par son « innocence » Karim Wade est résolument décidé à descendre sur l’arène politique pour solder ses comptes avec le pouvoir qui l’a fait juger et condamner avant de l’exiler (de force?) au Qatar.

Pour l’heure, avec la dernière sortie du candidat « exilé » du Pds, le gouvernement ne tardera pas à réagir pour « re » mettre les pendules à l’heure. Reste à savoir si Macky Sall va répondre favorablement à ce défi lancé par Karim Wade en lui permettant d’abord de rentrer au Sénégal et en rendant enfin « recevable » sa candidature pour cette présidentielle.

Ankou Sodjago et Amadou L MBAYE

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