Le député Mamadou Diop Decroix qui prenait part à la matinée d’échanges et de réflexion sur : « le niveau d’endettement du Sénégal : faut-il s’inquiéter?», à la Fondation Friedrich Ebert, a critiqué les politiques d’endettement au Sénégal sous l’ère Macky Sall et Senghor. Tout est parti selon lui des programmes d’ajustement structurel de la Banque mondiale et du FMI.
« Il faut remonter à Senghor qui a fait 20 ans au pouvoir.  La place du Sénégal dans le monde au plan économique, à l’époque si on pouvait revenir à cette place tout le monde aurait applaudi. Senghor je l’aime bien ;mais il était un bon grammairien, un poète, mais ça s’arrête la. On s’est mis à payer des dettes qui n’ont pas pu permettre de développer le pays.  On a eu le PASS 1979, le Programme de Réforme Economique et Financière en 1984, le Programme d’Ajustement Moyen et a Long Terme 1985-1992 et le plan Sakho Loum en 1993. Parce que les programmes d’ajustement n’ont pas permis d’atteindre les objectifs bien au contraire, le tissu industriel a été déstructuré, l’école nouvelle éliminée, l’agriculture délaissée etc.  Cela a été une période d’échecs. Abdou Diouf l’a dit, « j’ai passé 20 ans à ajuster et cela n’a pas marché »  a révélé l’ancien ministre du commerce dans le Gouvernement libéral avant de poursuivre.
« Wade est passé, on a eu l’initiative PPE ce qui a permis de diminuer drastiquement le niveau de la dette, mais quand Macky est arrivé on a eu une accélération de l’endettement » a-t-il fait remarquer. Après six ans de pouvoir, le régime de l’APR est au delà de 60% de dette dira t’il. « On était à 34% au départ de Wade. On va bientôt, atteindre 70%, c’est-à-dire le seuil de l’UEMOA » a-t-il averti.
Des propos de Decroix qui ont fait réagir l’un des panélistes, Pape Malick Ndour, économiste, spécialiste des questions de la Dette  et des Finances.
« Ce n’est pas vrai. À la faveur du « rebaising », on est plus à 60% mais 40%, on a encore 30 points de pourcentage pour atteindre le taux fixé par les critères de convergence » a-t-il corrigé. Avant de poursuivre en notant qu’au delà de cet indicateur, il est important que les sénégalais fassent l’effort de s’aligner sur les autres indicateurs de viabilité de la dette. « Elle n’implique pas seulement le taux d’endettement. Il y a d’autres critères et sur ces indicateurs là, le Sénégal est très loin du seuil et c’est la raison pour laquelle le FMI nous demande de ne pas nous alarmer. Mais il ne faut pas donc aller vers des politiques laxistes et continuer la stratégie d’endettement et le Sénégal va tirer profit de cela ». a-t-il conclu.