72H D’HOMMAGE A SEMBENE OUSMANE, DIX ANS APRES COMMEMORATION POPULAIRE, POUR UN «HOMME COMPLEXE»

24 juillet 2017 Author :  

Après sa biographie consacrée à l’auteur de «Guelwaar» en 2007, un ouvrage intitulé «Ousmane Sembene, une conscience africaine», le «neveu» voudrait rendre hommage à son «tonton», et pendant 72h : du 9 au 11 juin. Connu dans le milieu pour ses liens avec ce personnage pas comme les autres, et pour son «Sembene !», long métrage documentaire de 88 minutes  qui raconte les «grands moments» de cet «homme complexe», Samba Gadjigo de Gallo Ceddo Projects, qui collabore sur ce projet avec plusieurs institutions africaines, était en conférence de presse hier, mardi 6 juin au Centre de recherches ouest-africain (Warc).


Né en 1954, confidence de son ami et «quelquefois ennemi» Ousmane Sène, le directeur du Centre de recherches ouest-africain (Warc) qui a d’ailleurs accueilli la conférence de presse d’hier, mardi 6 juin, Samba Gadjigo se passerait peut-être bien de l’étiquette «cinéaste». Un peu comme si elle était trop grande pour lui...Mais comment appeler autrement ce professeur de français et de littérature africaine dans une université américaine du Massachussetts, car c’est de cette façon qu’il s’est introduit hier, qui a aussi consacré une biographie de Sembene Ousmane intitulée «Sembene !» Avec un point d’exclamation s’il vous plaît ! Et le «neveu», car c’est ce qu’il est devenu aux yeux de Sembene, voudrait donc rendre hommage à son «tonton», et ce pendant 72 heures, dix longues années après le décès de l’auteur de «Guelwaar», parti le 9 juin 2007…Mais en respectant le symbole, puisque la commémoration elle-même, autour du projet «Sembene accross Africa», ou «Sembene à travers l’Afrique», va durer trois jours : de ce vendredi 9 juin au dimanche 11 juin.
 
Un hommage, mais attention…«Pas pour pleurer sa mort, mais pour célébrer (la) vie» de ce personnage pas comme les autres ou de cet «homme complexe», pour reprendre les propos de Samba Gadjigo. Moins l’homme lui-même, que «le message que son œuvre a porté», au point d’avoir inspiré plusieurs générations de «cinéastes et écrivains».
 
Samba Gadjigo annonce à ce sujet que plusieurs des films de Sembene, 5 sur les 9 de l’homme à la pipe, seront projetés pendant cette période. On citera, dans le désordre : «Guelwaar», «La Noire de», «Xala», «Le Mandat» et «Emitai». Et si les films de Sembene sont réservés au Sénégal, le «Sembene !» de Samba Gadjigo sera quant à lui (aussi) diffusé dans près d’une quarantaine de pays, le Sénégal inclus ; 38 pour être précis.
 
De ces trois jours, les organisateurs, Galle Ceddo Projects et les «douzaines d’institutions africaines» qui collaborent avec elle, disent vouloir faire une commémoration «populaire». C’est justement pour cette raison que l’on a plus ou moins voulu éviter le piège de ces colloques ou conférences un peu trop intello, qui ne s’adresseraient peut-être qu’à une élite. Même si chacune de ces projections sera suivie d’une table-ronde.
 
Parmi les incontournables de cet hommage, le recueillement de ce 9 juin (9h) au cimetière musulman de Yoff, où repose Sembene Ousmane, quelques petites heures avant le voyage à Thiès, pour la cérémonie officielle prévue à l’école de cinéma Daaray Sembene, qui accueillera d’ailleurs la toute première projection, pendant ces 72 heures, du documentaire de Samba Gadjigo.
Un œil à ce programme justement, avec des lieux de projections comme la Place du Souvenir, le Centre culturel français, Guédiawaye, Hann, Gorée, Saint-Louis, Ziguinchor, Sokone, Kidira (lieu de naissance de Samba Gadjigo), Kédougou, etc.
 
«Sembene !» de Samba Gadjigo gratuit pendant 72h
 
Voilà une annonce de Samba Gadjigo lui-même, qui devrait ravir les cinéphiles et les curieux : «Netflix, qui distribue notre film, a accepté, pendant les 72 heures que va durer la commémoration, de suspendre notre contrat, et de permettre à tout individu ayant accès à un ordinateur ou à une connexion Internet, de télécharger le film gratuitement et de le regarder »...Et donc en toute légalité !
 
Voir les films de Sembene
 
Au cours de cette conférence de presse, la réalisatrice Fatou Kandé Senghor, qui a travaillé avec Sembene pendant les «dix dernières années de sa vie», a plaidé pour que la «filmographie» du cinéaste, que l’on peut pourtant trouver au complet dans l’université américaine où enseigne Samba Gadjigo, soit introduite dans l’enseignement. Quant au réalisateur Mansour Sora Wade, présent lui aussi à cette conférence de presse, comme Ben Diogaye Bèye, le «doyen d’âge des cinéastes actifs», il regrettera surtout que nous soyons encore trop peu nombreux à avoir vu un film comme «Taaw».
 
Nos femmes «jaunes»
 
Sans parler de sa dizaine de «bouquins». Histoire de  rassurer ces messieurs-dames, le Pr Andrée-Marie Diagne précisera tout de même que Sembene était «encore au programme des classes de français», même si certains disent en avoir «assez des Bouts de bois de Dieu». Samba Gadjigo, autre confidence de son ami et «quelquefois ennemi» Ousmane Sène, a une histoire particulière avec ce texte, qui lui a permis de faire connaissance avec Sembene, à l’époque, s’«agrippant» à lui, pour «retrouver ce discours sur l’Afrique», porté par un Africain de la carrure de Sembene. Autrement dit, éviter le piège d’une mondialisation qui ferait de nous des «consommateurs d’idées» et d’ «images importées».
 
Résultat de cette «influence néfaste», dit Samba Gadjigo, des femmes «plutôt jaunes». Quelques minutes plus tôt, Fatou Kandé Senghor s’indignait de ce diktat de la femme «jaune» (allusion à la dépigmentation) chez nos animatrices de télévision : elles sont «jaunes ou rien», et se ressemblent toutes.

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